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Lutter contre le dépérissement de la lavande

Méjean, Maxime

lavande enherbe

La démarche

Présentation de la structure

Maxime Méjéan est associé en GAEC depuis 2002, avec Alain Aubanel et son épouse. Ensemble, ils sont à la tête de la distillerie des 4 vallées. La famille Aubanel dirige cette distillerie depuis 1930 à Chamaloc, dans le Diois. Ils transforment leur production mais ont aussi une grosse activité de distillation à façon pour une vingtaine de producteurs de PPAM de la vallée. La distillerie emploie également deux personnes à temps partiel. La production principale est la lavande qui est mise en rotation avec des céréales et du fourrage sur 25 ha. Le GAEC héberge aussi un troupeau d’ânes en pension.

 

D’où vient ce projet ?

Le dépérissement est une maladie qui touche les lavandes et lavandins depuis les années 80. Cette maladie est provoquée par un phytoplasme transmis par les piqures de la cicadelle Hyalesthes obsoletus. Les symptômes sont le dessèchement et la mort du plant. Cela touche surtout les jeunes plants. La lutte chimique n’est pas efficace contre cette maladie, c’est pour cela que M. Méjéan et ses associés ont mis en place des solutions agroécologiques.

Pourquoi c’est innovant ?

L’approche agro-écologique, particulièrement dans le traitement des maladies, est encore assez peu répandue. Les leviers efficaces utilisés sont toujours en cours d’amélioration afin d’identifier les plus intéressants d’un point de vue technico-économique. Il s’agit d’une démarche de recherche-action

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Comment ça fonctionne ?

Les leviers agro-écologiques mis en place sont les suivants :

  • Sélection de plants saints

Les plants sont sélectionnés et mis en croissance selon le cahier des charges « plants saints ». Les plans régénérés in vitro sont plus vigoureux.

  • Application d’argile

L’argile appliquée est la kaolinite. Elle est appliquée pendant les 3-4 premières années après la plantation, au moment du vol de l’insecte, grâce à un pulvérisateur avec buses orientables qui permet de travailler 3 rangs à la fois. L’argile a deux effets : déposée sur les feuilles, elle en change la couleur, ce qui trouble les insectes et elle représente une barrière aux piqûres en rendant la feuille plus dure.

  • Enherbement inter-rang

A la base, l’enherbement était installé pour lutter contre l’érosion mais il a été observé que cela avait un effet non négligeable sur le dépérissement. C’est un effet dilution qui est utilisé ici. En effet, les insectes auront tendances à venir piquer les inter-rangs enherbés, ce qui impacte moins les plants de lavande.

Le mélange utilisé sur cette exploitation, est un mélange de graminées (des variétés qui sèchent en été) pour la vigne. Il est implanté juste après la plantation des lavandes. La largeur du couvert est de 40-50 cm. Ce couvert est broyé grâce à un broyeur adapté par des coopératives et instituts de recherche. Il est broyé au moins 2 fois au printemps et une fois après la récolte.

  • Semis direct de la lavande

La lavande de population peut s’implanter par plantation de plants mais également par semis. Le semis permet également d’obtenir une huile essentielle de type lavande de population, dite « fine ». Dans la plupart des cas, on constate une meilleure pérennité de la culture, certainement en raison d’un meilleur développement du système racinaire. Enfin, le semis permet d’éviter la transmission du phytoplasme responsable du dépérissement puisque la graine n’est pas porteuse.

  • Rotation des cultures

Pour être efficaces, ces leviers doivent être combinés à une rotation culturale adaptée. Pour réduire les risques sanitaires, il faut respecter une rotation d’au moins 2 ans entre deux cultures de lavande ou de lavandin. Les précédents favorables sont les céréales à pailles et les légumineuses, l’idéal étant une rotation avec 2 années de légumineuses, suivies par une céréale à pailles pour bénéficier de l’effet azote de la légumineuse et nettoyer le sol.

 

Aspects financiers

L’achat matériel spécifique à ces pratiques et aux PPAM est soutenu par un plan filière régional à hauteur de 40 à 60% des cas.

Points forts et difficultés

Les points forts :

C’est efficace : ces techniques permettent de maintenir un taux d’infestation inférieur à 15%. Cela permet de conserver les plans 3-4 ans de plus. L’utilisation des couverts végétaux permet de réduire les symptômes de dépérissement jusqu’à 50%.

Les difficultés- les points de vigilance

 

Attention à la largeur de semis : il peut y avoir concurrence entre l’herbe et la lavande

L’argile se dépose vite dans le pulvérisateur.

Il faut un équipement spécifique pour broyer l’herbe.

 

Conseils de Maxime

Implanter les graminées dès la première année pour « forcer » la lavande à développer ses racines plus en profondeur et pour la protéger aussi tôt que possible. Il semble en effet que les premières années soient déterminantes pour la santé de la lavanderaie.

La Chambre d’agriculture de la Drôme, le Crieppam et l’Itepmai ont mis en place des essais sur ces différentes pratiques en fermes expérimentales, puis, des essais in situ. Il existe des groupes de travail sur ces thématiques, animés par la chambre d’agriculture.

Ressources

Contacts : Chambre d’Agriculture de la Drôme,Pierre Battail, 06 20 56 66 22

Bibliographie :

  • Compte-rendu PEP 2016 et FranceAgriMer 2017, Chambre d’agriculture de la Drôme

  • Fiche Horizons bleus de février 2018, CRIEPPAM

 

 

 

Maxime Méjean et ses associés utilisent des leviers agroécologiques pour lutter contre le dépérissement de la lavande.